... sous entendu : "mais qu'est ce qu'ils glandent chez les MoLOko?!?"

Enfin! quoi! Mais c'est pas possible ça!!!!

Alors, oui, j'ai conscience que c'est long, trèèès (troooop) long même pour certains, et même que ça peut énerver. Et d'ailleurs ce post fait réplique à une série de mails peu sympathiques, reçus les semaines dernières, auxquels je n'ai pas pu répondre pour cause d'adresse invalide (tiens donc) et qui finissaient par conclure : "si vous n'êtes pas capable, embauchez ou alors changez de boulot!".....Bon, je ne suis pas du genre à me laisser intimider par ce genre de Troll anonyme, mais après mûre reflexion, je me suis dis que quelques explications sur le fonctionnement de ma petite entreprise pourrait peut-être en éclairer certains. Attention, je vais vous balancer des chiffres....

D'abord, il  me faut entre 6 et 15 heures (oui, 15 heures pour certaines pièces !!!) pour fabriquer un Ptitsy, du début à la fin, du premier coup de ciseaux à la préparation pour l'expédition. Je fabrique mes porte-bébés les uns après les autres, et je prends le temps nécessaire pour chacun. Travailler plus vite est juste inconcevable et serait au détriment de la qualité de mes confections. Mais il n'y a pas que la couture du mei tai qui me prend du temps. Il faut ajoutez à cela, le temps (inquantifiable) passé à répondre aux mails, choisir les tissus, répondre aux mails, faire les recherches nécessaires sur les compositions des écharpes qu'on me propose en conversion pour étudier la faisabilité du projet, répondre aux mails, faire des les photos, la comptabilité.... et, et, et...la gestion une  liste d'attente de plusieurs mois.....  

Alors, ça parait tout simple une liste d'attente, on pourrait croire qu'il suffit d'inscrire les commandes les unes à la suite des autres, et qu'il n'y a plus qu'à organiser les confections dans leur ordre d'inscription... héhé, et moi aussi, je pensais que ça serait aussi simple que ça au début, quand j'ai commencé à inscrire au fil des demandes. Mais croyez- moi, c'est un vrai casse-tête quand elle commence à s'allonger au delà d'un mois et c'est pour cela que je ne souhaite plus fonctionner ainsi et que je pense limiter le nombre de places de confection par mois. Je sais bien que ça va faire grincer des dents, mais voyez-vous, il y a un tas de petites choses qui peuvent mettre en péril cette belle organisation et faire en sorte qu'elle devienne un vrai cauchemard.

Déjà, quand tout va bien, j'arrive à travailler 4 jours par semaine, entre 6 et 8 heures par jours. Mais ça c'est quand tout va bien. Et ce temps de travail se réduit considérablement en cas d'enfant malade ( et j'en ai 3)  ou encore pire quand je suis malade moi-même, comme ce fut le cas au mois d'aout dernier. Et si le temps de travail se réduit, je prend du retard. Bon, c'est pas trop grâve pour celles qui sont en début de liste.... mais quand on se retrouve au fin de liste, et que mes enfants et moi-même sommes malades à tour de rôle.... je me retrouve vite avec un voir deux mois de retard sur le planning... et ça, ce n'est bon ni pour vous, ni pour mon moral à moi.

Ensuite, je dois aussi gérer les dates d'arrivée des écharpes chez moi et quelques fois, même cette étape amène son lot de rebondissements en tous genres et arrive à me désorganiser.

Quelques fois, je manque totalement d'inspiration, quand il s'agit de personnalisation, je patine, je n'arrive tout simplement pas à comprendre ce que me demandent mes clients, je passe du temps à chercher sans être totalement satisfaite de ce que je trouve et là aussi ça peut prendre du temps et ça me met en retard.

Et puis, une personne inscrite pour une conversion dans 3 mois a 10 fois le temps de changer d'avis sur l'écharpe qu'elle souhaite transformer. En même temps, je la comprends, et je pense que je ferai exactement la même chose. Mais il faut savoir que je fais à chaque fois une recherche de composition, de taille, d'informations pour être sûre que chaque écharpe est transformable, que nous échangeons ensuite par mails, sur les possibilités de la transformation.... et que cela prend évidemment du temps à chaque fois. 

Le constat d'échec de la liste d'attente a été vite posé, je me suis vite retrouvée à passer plus de temps à envoyer des mails qu'à coudre... du coup, ça n'a pas fait avancer ma liste... du coup, j'ai pris encore plus de retard.... du coup, ça me rend malade..... du coup j'abandonne ce fonctionnement.

 

Ah, et pour ce qui est d'embaucher, c'est mon rêve le plus cher. Je rêve de pouvoir partager cette aventure avec une autre personne et de ne plus être seule dans mon atelier, je rêve de pouvoir dire "oui" à toutes les commandes qui m'arrivent, sans avoir peur d'exploser mes délais, je rêve tout simplement de pouvoir déléguer certaines taches pour me consacrer au développement d'autres produits, bref, je rêve et je risque de rêver encore un bon moment ... car je doute qu'à l'heure actuelle, j'arrive à trouver une couturière expérimentée, ayant le même soucis du détail que moi, qui accepterai de travailler pour ... 5 euros de l'heure seulement.... oui je doute.....et même que c'est illégal. 

Quand à changer de boulot, et bien ce n'est pas prévu non plus. Cette entreprise, c'est un peu mon quatrième bébé, je l'aime, j'aime fabriquer mes mei tai et c'est un vrai boulot.

Donc, en conclusion:

  • J'essaye de trouver le moyen de réduire ces temps d'attente et pour cela il me faut être plus efficace.
  • Le nombre de places pour les met tai personnalisés et les conversions seront limités. En contrepartie, les délais seront plus courts et donc, je pourrais proposer des places plus souvent.
  • Et je pourrais aussi à nouveau réouvrir ma boutique avec mes créations de Ptitsy "prêts à porter". Parce que là aussi, j'ai beaucoup de demandes et que j'ai plein d'idées dans la tête.

 

Et pour finir, un grand merci à tous ceux qui me soutiennent, à toutes les mamans qui ont fait preuve d'une immense patience et de compréhension ces derniers mois en attendant leurs porte-bébés, à toutes celles qui le font essayer à d'autres, et qui me font confiance. Quand je vois le chemin parcouru depuis un an, je me rends compte aussi que je dois beaucoup à tous ceux et celles qui m'on fait confiance au tout début et ça c'est inestimable.

Cécile