... et de faire fabriquer notre propre matière première, notre sergé brisé de coton biologique à nous, celui que nous avons imaginé, rêvé pour fabriquer nos porte-bébés.

 

Première partie - A la recherche d'un tisseur

Autant dire que ça ne s'est pas fait en un jour... oh, non... et que pour commencer, je m'y suis prise comme un manche, ce qui ne m'a pas fait, non plus gagner du temps. Une grosse aventure, donc, qui nous a tenu chaud près de 18 mois, et je dis bien "nous", parce que c'est toute la famille qui s'est retrouvée embarquée dans cette quête du fournisseur idéal, jusqu'au fin fond de la Moselle. Il y a eu des heures passées à faire des recherches sur internet, au téléphone, des espoirs, des rencontres plus ou moins agréables, des déconvenues, des doutes, oui, ça des doutes, des monceaux de doute, un foirage total, des essais non validés, des boules au ventre et des peurs de ne pas y arriver. J'avoue, j'ai même failli baisser les bras cet été et tout laisser tomber, j'ai même failli aller acheter des kilomètres de sergé brisé en Turquie, j'ai même failli ne plus faire de ptitsys du tout.

Pourtant tout était bien clair dans ma tête, au début du moins, je voulais du coton bio, je voulais qu'il soit tissé et teinté en France, et qu'il soit oeko-tex. Un sergé brisé spécial pour mes mei tai quoi! Qui ait de la tenue, pour garantir un bon confort, et qui tienne dans le temps pour permettre de porter plusieurs enfants. Et aussi, bien sûr je voulais pouvoir le tester avant pour être sûre et maitriser tout le processus. Je savais que ça ne serai pas simple, mais alors là, vraiment, pas à ce point.

Déjà, il a fallu identifier, trouver, contacter des tisseurs français, qui continuent à tisser en France (oui parce que j'ai eu aussi le cas de tisseurs qui prennent des commandes en France, mais qui sous-traitent ensuite, en Turquie ou en Chine.... et qui ne le disent pas comme ça, au premier abord, voyez...), qui travaillent du coton bio, et qui sont prêts à fabriquer du "sergé brisé". C'est là que j'ai compris, que ça ne se passerai pas exactement comme prévu. Le sergé brisé, ça n'est pas une armure courante, donc autant dire que c'est pas le genre de tissu qu'un fabriquant tisse tout les 4 matins. En gros, quand il se met à tisser du sergé brisé, il ne le fait que pour moi et il ne va donc pas le faire pour une centaine de mètre, non, j'ai très vite compris qu'on partait sur 1000 mètres minimum.

1000 mètres! "Mais UN KILOMETRE de tissu maman!" s'est écrié Pablo très impliqué dans ce projet, après avoir entendu ma conversation téléphonique avec un responsable de production. Bon, une fois ce constat posé, il a fallu se retrousser les manches et prendre des décisions. Dans cette quête du fabriquant idéal (enfin plutôt du fabriquant qui voudrait bien bosser avec nous...), nous avons eu la chance de rencontrer 2 maisons plus "ouvertes" que les autres aux toutes petites entreprises comme la mienne. Car il faut bien se rendre compte que si pour Ptitsy Moloko, 1000 mètres de tissu, c'est énorme, pour la plupart des industriels ce n'est pas grand chose et cela ne mérite même pas de s'y interesser.

Nous avons donc pu faire réaliser les premiers essais de tissage, il y a un an, avec une première usine textile, et là, je dois avouer que nous étions très très excités par cette idée.... trop peut être... parce que tout a foiré en beauté, malgré toute la bonne volonté du responsable de production d'ailleurs, qui a tout fait pour essayer de nous satisfaire. Déjà, ça a pris du temps, un temps de folie. Normal, nous sommes une toutepetiteautoentreprisesansganranties, et 4 mois ont été nécessaires à la réalisation de 3 échantillons successifs, puis 4 mois supplémentaires pour la réalisation de 50 mètres de sergé brisé, destinés aux prototypes. Et c'est là, que ça ne s'est pas du tout passé comme prévu. Entre le tissage et la teinture, il s'est passé quelque chose qu'on a pas maitrisé du tout, mais ce tissu s'est avéré inutilisable pour la fabrication des ptitsys.... 

Grosse douche froide en plein mois de juillet. Grosse remise en question. Grosse interrogation sur l'avenir de Ptitsy Moloko. Gros trou aussi dans notre budget, étant donné que les essais ont englouti la totalité des économies de l'entreprise. Et surtout grosse trouille de se tromper à nouveau....

Heureusement, il y avait Pierre et des enfants

Heureusement, il y a eu des super-maman-entrepreneuses tels que Krisztina de Tinge Garden et Vitoria de Château Coco, qui m'ont permis de travailler leurs superbes écharpes et sans qui je ne m'en serai pas sortie. Je ne les remercierai jamais assez pour leur soutien, leurs conseils et les longs mails échangés à cette période.

Heureusement, il y a eu mes amies proches, qui ont suivi le feuilleton depuis le début et qui sont toujours là pour me remonter le moral au cours des longues marches dans la campagne environnante.

Heureusement, il y a eu les encouragements des mamans, sur facebook, par mail, des petites attentions, des petits mots comme autant de branches auxquelles me raccrocher dans ce moment de doute, des photos pour me rappeler à quel point mes ptitsys sont portés, choyés, transmis, et des témoignages comme des baume au coeur. Merci à vous pour chacun de vos mots, chacun de vos "j'aime", les chocolats, le thé, les petits cadeaux, et vos sourires sur les photos, vos bébés endormis dans vos ptitsys, merci!

Heureusement, il y a eu le plan B. Et la rencontre, à la faveur d'un crochet décidé à la dernière minute sur la route de notre voyage en Moselle pour une fête de famille, d'une autre usine de tissage, qui a bien voulu m'ouvrir ses portes, m'écouter, et surtout m'expliquer tout le processus de tissage, de la réception du coton bio, au tissu brut, dit "écru", en passant par la filature.

C'est ainsi que, quelques semaines plus tard, je signais mon premier bon de commande pour 1000 mètres de sergé brisé de coton bio écru....

Je vous laisse visiter une partie de l'usine Valrupt Industrie?

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 A suivre.... prochain épisode : A la recherche d'un teinturier. Puis : A la recherche d'un financement.... De l'aventure, du suspens et j'espère un happy-end.